Il y a de ces jours où les bonnes nouvelles se font bousculer par d’énormes dangers.

Quatre femmes ont ravi le cœur des Haïtiens ces dernières heures : Rutshelle a remporté un prix de meilleur artiste de la Caraïbe, Melchie Dumornay a poursuivi sa belle aventure avec le meilleur club au monde de football féminin, l’Olympique Lyonnais, en marquant un nouveau but et en décrochant un nouveau titre de joueuse du match, deux athlètes, Ava Soon Lee et Aliyah Shipman, représentant Haïti aux Jeux Panaméricains 2023 à Santiago du Chili, ont décroché deux médailles pour Haïti.

Merci et compliments Mesdames.

Le pays n’a pas eu le temps de savourer ces bonnes nouvelles que le rapport d’étape du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) est venu nous rappeler pourquoi ces dames ne chantent plus en Haïti, n’y jouent plus au football, ne pratiquent pas leur taekwondo en Haïti : l’insécurité est trop forte ici.

Entre le 1er juillet et le 30 septembre 2023, la police nationale a signalé 1.239 homicides, contre 577 au cours de la même période en 2022. Et de juillet à septembre de la même année, 701 personnes – dont 221 femmes, 8 filles et 18 garçons – ont été enlevées, soit 244% de plus qu'en 2022 à la même période, rappelle le BINUH.

Selon un autre rapport des experts de l'ONU chargés de surveiller le régime de sanctions visant pour l'instant à un seul chef de gang, les groupes armés contrôlent 80% de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, et « les 20% restants ne sont pas non plus à l'abri de leurs incursions ». Ils contrôlent aussi les routes menant à la capitale.

Les bonnes nouvelles ne font pas le poids devant tant de calamités.

Dans un autre registre, à la Une de cette édition, un article explique la descente aux enfers que vit la profession de médecin en Haïti. Pas ceux qui le sont déjà mais ceux qui souhaitent le devenir.

L’accréditation des facultés de médecine est un dossier que tous les acteurs concernés enterrent alors que les délais accordés à Haïti pour se mettre aux normes approchent.

D’autre part, l’organisation de la résidence hospitalière, pilier de la formation des médecins, est en train de se faire étrangler, pris dans un galimatias de batailles entre facultés, universités, rectorats et ministères.

Une sordide affaire.

Et comme la politique n’est jamais loin, le Chargé d’affaires américain, Éric Stromayer a cru bon de dire haut et fort lundi que la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité n’appuiera aucun camp politique.

« La Mission n’a pas pour objectif de supporter un leader politique, ni un quelconque parti. Nous allons continuer à supporter une solution politique entre les haïtiens, basée sur un consensus pour revenir à l’ordre démocratique en Haïti », a soutenu Eric Stromayer, réitérant l’appel de son pays pour un élargissement de l’accord politique et le retour à l’ordre démocratique.

Haïti a besoin de se fixer de nouveaux caps et de se mettre au travail pour les atteindre.