Chemise blanche à pois, lunettes à monture noire contrastant avec son visage à peine maquillé, rehaussé par l’éclat d’une couronne de cheveux argentés, Me Dilia Lemaire sort un peu de ses dossiers pour nous saluer. Dans cette salle du MOUFHED, association créée en 1993 pour promouvoir et défendre les droits des femmes haïtiennes, Me Lemaire revisite les différents cas à traiter. Ils concernent, en priorité, des femmes qui ont maille à partir avec la justice. Des femmes victimes de violences, des femmes en situation de détention préventive prolongée, des femmes en difficulté parce qu’elles ignoraient les prescrits légaux, des cas de pension alimentaire. Quant à cette dernière catégorie, c’est un véritable problème déplore l’avocate. 

 Avec un enfant sur les bras, les femmes doivent souvent affronter le père de l’enfant pour lui demander de prendre ses responsabilités. Ce qui est légitime. Mais la manière dont elles s’y prennent peut, dans certains cas, faire encore plus de dégâts. Dans l’ignorance des voies aménagées par la législation nationale, dès fois, les mères s’en prennent à leurs rivales, aux meubles et biens des pères fautifs. Dès fois elles se rendent sur le lieu de travail du père fautif et provoquent une esclandre. Les voilà prises dans de beaux draps alors qu’au départ elles étaient dans leur droit. « Or, la prison en Haïti, quand on y entre, on ne sait ni quand ni comment on va en sortir…. Il y a beaucoup de femmes qui sont victimes parce qu’elles ne connaissent pas leurs droits, elles ne savent pas où et comment aborder leurs problèmes pour trouver les meilleures solutions. Il y a beaucoup de questions qui font conflit. D’où la nécessité de faire en permanence des formations sur le droit des femmes, sur les droits humains en général », justifie Me Dilia Lemaire.