La crise haïtienne est avant tout institutionnelle. C'est le résultat d'une volonté de nos autorités, d'hier et d'aujourd'hui, d'affaiblir les institutions qu'elles devaient renforcer. Ce n'est donc pas un hasard si nos institutions sont désarmées par rapport à la crise. Une stratégie payante à court terme dans la mesure où elle permet à certains d'arriver à des postes de responsabilité qu'ils n'occuperaient pas si les institutions jouaient leur rôle. Elle leur permet aussi d'échapper à tout contrôle. 

Aujourd'hui, la société paie au prix fort l'affaiblissement des institutions. Les quartiers pris en otage, l'industrie du kidnapping, l'occupation des routes nationales par des bandes armées, les viols en série, sont les conséquences d'une justice édentée et d'une force de police qui n'a pas les moyens de sa politique. On pourrait dire autant pour les hôpitaux publics, pour les institutions chargées de l'assainissement des villes, pour l'Ed'H...