À propos des récipiendaires de transferts de la diaspora, l’économiste Pierre-Marie Boisson a expliqué que ce sont, avant tout, des consommateurs. Ces derniers, poursuit-il, utilisent le transfert pour acheter des produits alimentaires, payer le transport, le loyer, les frais de scolarité de leurs enfants. « Fort de cela, il n’est pas logique de dire aux bénéficiaires ce qu’ils doivent faire de leurs transferts. C’est mieux d’avoir une industrie alimentaire compétitive pour que les bénéficiaires des transferts puissent acheter des produits locaux au lieu des produits importés », a estimé le membre du conseil de la Sogebank.
En général, l’argent des transferts séjourne en Haïti pendant un certain temps. Quand les transferts arrivent, ils passent par une maison de transfert qui paient le bénéficiaire et ce dernier va utiliser son argent reçu en gourdes à des fins de consommation. « Il n’y a pas une simultanéité entre la rentrée et la dépense des dollars. Il n’est possible de réorienter qu’une petite partie des transferts qui reste pendant plus d’un jour dans le système bancaire à travers les dépôts en dollars. En fait, les dépôts constituent une ressource des bilans des banques disponibles pour faire du crédit. C’est cette portion, au cas où il y a des politiques publiques incitatives, que les banques peuvent utiliser pour octroyer du crédit à des secteurs ayant un caractère noble, c’est-à-dire qui sont importants pour l’économie », a indiqué le banquier.




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