Les troubles des derniers jours confirment combien la situation en Haïti est explosive. C'est au vrai sens du terme une poudrière qui attend une étincelle pour exploser. Ceux qui souhaitent fermer les écoles, bloquer les rues, paralyser les activités économiques n'ont pas de grands efforts à déployer: une simple déclaration sur les réseaux sociaux suffit. 

A la veille du 7 février 2024, date qui devrait marquer la fin de la transition dirigée par le Premier ministre Ariel Henry, le pays s'enflamme. Si d'un côté les gangs intensifient leurs attaques contre des quartiers et multiplient les cas de kidnapping, de l'autre des opposants à Ariel Henry appellent à sa démission. Des manifestations se tiennent depuis lundi dans plusieurs villes du pays contre le chef du gouvernement. Certains quartiers expérimentent même à nouveau le phénomène de "peyi lòk" au grand dam des écoles et des entreprises qui luttent pour leur survie.