Ils ont conduit pendant une heure et trente minutes, parcouru une soixantaine de kilomètres, affronter les embouteillages, pour venir supporter la sélection haïtienne féminine U17 qui séjournait à Toluca, ville perchée à 2 668 mètres d’altitude au sud-ouest de Mexico, la capitale du Mexique. Certains sont des passionnés du football ou d'anciens footballeurs professionnels en Haïti. C’est le football qui les a amenés au Mexique. C’est le cas de Camy Marcelin, ancien portier de l’Arcahaie Football Club. Il était venu au Mexique en 2021 avec son club pour disputer la Ligue des champions de la Concacaf. Lui et certains de ses anciens coéquipiers avaient décidé de ne pas retourner en Haïti en pleine crise politique et sécuritaire. Le football reste sa passion, mais aujourd’hui Camy, grand gabarit, s’aventure dans d’autres domaines. « Je suis dans le mannequinat, le cinéma et je fais parfois un peu de publicité », confie Camy, originaire de Desras, quartier de Fort-Liberté dans le Nord-Est.

Lui et quelques de ses amis n’ont raté aucun des cinq matches des Grenadières à Toluca malgré la distance. « Le football reste ma principale passion. Mon rêve est de trouver une opportunité pour rejouer au football à un niveau professionnel. Je m’entraine avec des clubs de deuxième division. Le problème ici, beaucoup d’étrangers ne peuvent pas jouer en deuxième division ni en première division ici, selon les règlements des championnats », indique Camy, qui habite à Mexico City. Trois ans après, il s’est bien intégré dans la culture mexicaine. « Je me suis adapté peu à peu ici. La première chose que j’ai faite, c’est d’apprendre la langue. Des amis m’avaient bien accueilli. Avec l’espagnol, tout est plus facile. Il y a beaucoup d’Haïtiens qui n’apprennent pas la langue, c’est plus compliqué pour eux », explique celui qui était en sélection nationale des U20.