C’était d’abord un vide institutionnel. L’ex-président Michel Joseph Martelly (2011-2016) n’avait réalisé aucune élection durant son mandat de cinq ans, la seule tentative de 2015 ayant été avortée. Pourtant, son successeur Jocelerme Privert (2016-2017) a prouvé que c’était possible de le faire en seulement un an, sans l’aide financière de la communauté internationale. Le vainqueur des joutes présidentielles de 2016, Jovenel Moïse (2017-2021), avait imité son parrain Martelly en n’organisant aucune compétition électorale jusqu’à son assassinat crapuleux le 7 juillet 2021. De même, en près de trois ans, le Premier ministre Ariel Henry a adopté la même stratégie : aucune élection. Et depuis, le climat sociopolitique et économique, marqué par l’insécurité généralisée, n’a cessé de se dégrader, rendant davantage difficile la réalisation d’élections. Résultat : il n’y a aucun élu en Haïti aujourd’hui. En plus d’une décennie, le peuple haïtien a désigné ses dirigeants à travers les urnes une seule fois. Un vrai désastre institutionnel !
Evidemment, l’expérience haïtienne des dernières années a montré que la présence des élus ne contribue pas forcément à l’amélioration des conditions de vie de la population haïtienne. Au contraire, certains élus ont participé activement à la création du chaos actuel et à la détérioration accélérée des conditions de vie. Bien entendu, le dysfonctionnement institutionnel est antérieur à l’avènement de Michel Martelly qui l’a certainement exacerbé. Les dirigeants haïtiens ne comprennent toujours pas l’importance et la nécessité d’avoir des institutions stables, efficaces et inclusives. Le président Jovenel Moïse se réjouissait d’ailleurs de la caducité du Parlement, censé garantir le contrôle du pouvoir exécutif.






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