De la poésie au roman, l’œuvre de Makenzy Orcel est habitée par ce désir de sublimer le réel et d’immortaliser le temps. Avec Les immortelles,  Orcel fait une entrée majuscule dans le monde romanesque et s’installe depuis comme un romancier de taille. S’inscrivant dans la lignée des romans post-sismiques, ce texte est le récit d’un écrivain de profession fréquentant les prostituées de la grand-rue qui, au terme d’un accord, écrit sous l’impulsion d’une pute maquerelle. Cette dernière raconte la vie d’une pute qui vient de sombrer dans le séjour des damnés et de l'oublier sous les gravats des décombres du séisme  meurtrier qui a ravagé Haïti, en particulier Port-au-Prince, le 12 janvier 2010. Ce récit-mémoire entend rendre hommage à la fois aux prostituées décédées dans ce cataclysme dévastateur et raconte  par ailleurs la vie d’un personnage double, vacillant entre deux mondes, la petite Shakira. Comment immortaliser une méconnue de la société ? Peut-on trouver sa voie entre deux extrêmes ? Doté d’une force imaginative singulière, ce roman cisèle  la somme d’une vie en proie à des tirades incessantes et des soubresauts implacables conduisant inéluctablement  vers la mort.

« Personne ne pouvait l’empêcher d’être à la fois en résonnance et en contradiction avec elle-même » (p.40)