Le système de santé haïtien dont la majorité des infrastructures importantes se trouvent dans le département de l'Ouest vit une lente agonie depuis le 29 février 2024. La formation médicale est mise à l'arrêt à l'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti, les autorités, en hibernation, peinent à trouver une solution à cette crise multiforme, des hôpitaux sont pris en otages par des bandes armées, les patients sont livrés à eux-mêmes.
À la Croix-des-Bouquets, où le déplacement des riverains est limité, il est de plus en plus difficile de trouver un centre hospitalier fonctionnel en cas de besoin.

Joint par téléphone, un responsable de la mairie de la Croix-des-Bouquets peint un tableau sombre de la situation. "Il ne s'agit pas uniquement de la santé, l'État est absent à tous les niveaux à Croix-des-Bouquets", fait-il remarquer d'entrée de jeu. "La situation remonte à plusieurs années déjà. Le centre de santé opération Double Harvest, qui prodiguait des soins à un coût réduit à plusieurs milliers de patients, est fermé depuis 3 ans; l'hôpital Eben-Ezer est fermé depuis un an, l'hôpital de Beudet et l'hôpital de Bon Repos sont dysfonctionnels, les centres de santé à Duval et au centre-ville de la Croix-des-Bouquets sont aussi à l'arrêt. Depuis les derniers événements du 29 février, une quinzaine de cliniques sont hors service", dénombrent les responsables à la mairie de la Croix-des-Bouquets.