Réagissant à ma chronique relative à la nécessité d’harmoniser les missions et attributions des ministères et organismes publics afin d’augmenter leur efficacité, un ancien haut fonctionnaire de l’État m’a fait remarquer qu’un des facteurs les plus importants à considérer est plutôt la culture du « kalewès » au sein de l’administration publique. Bon nombre de fonctionnaires publics, souligne-t-il, se font à l’idée qu’ils n’ont aucun livrable à fournir, aucun échéancier à respecter. Dans d’autres cas, on retrouve une pléthore d’employés non outillés et mal encadrés dans un environnement de travail défavorable au rendement et à la productivité. Dans un tel contexte, même si chaque ministère disposerait de sa loi-cadre savamment rédigée, avec des attributions clairement définies, les résultats ne seraient pas au rendez-vous.

L’ancien haut fonctionnaire affirme avoir essuyé une fin de non-recevoir quand il voulait instaurer un calendrier de travail avec la définition de tâches précises pour chacun des membres des sections de la direction générale qu’il dirigeait. Ses collaborateurs, se rappelle-t-il, lui demandaient toujours de se calmer en lui rappelant que la roue peut tourner à n’importe quel moment. Une sorte de menace à peine voilée qui sous-tend qu’il peut être révoqué du jour au lendemain et éventuellement laisser sa place à l’un des fonctionnaires qu’il exige d’être productif. Quand il revient à la charge pour demander aux chefs de services de définir leurs objectifs et calendrier de travail au début de chaque mois, il allait encore essuyer un refus catégorique. Des cadres ne voyaient pas la nécessité d’établir un plan de travail, assorti d’un calendrier d’activités et d’un programme de suivi et évaluation des résultats.