Il y a environ 20 jours que le gouvernement Conille a décidé, de son plein gré, de décréter l’état d’urgence sécuritaire dans 14 communes des départements de l’Ouest et de l’Artibonite. Cette décision devait permettre au gouvernement de se donner les moyens pour affronter les gangs qui défient l’Etat et terrorisent la population. Trois semaines après l'adoption de cette mesure exceptionnelle, on a le droit de se demander si l’état d’urgence sécuritaire est juste une annonce en plus.

A côté des notes du ministère de la Justice, le pays ignore ce qui a été fait jusqu’ici dans le cadre de l’état d’urgence sécuritaire. Dans les 14 communes concernées par la mesure, la population continue de subir la loi des gangs. A Saint-Marc, département de l’Artibonite, la population a dû manifester dans les rues la semaine écoulée pour supplier les autorités de sévir contre les bandits. A Ganthier, la population appelle au secours alors que le commissariat de police et d'autres infrastructures publiques ont été détruites ou incendiées par les gangs.