Après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, il y a eu une évaluation d’impact. Après les différents cyclones et ouragans qui ont frappé le pays, on avait procédé immédiatement à des évaluations d’impact. Généralement, ces évaluations se font avec le support d'organisations internationales. L’objectif est d’estimer l’ampleur économique des dégâts pour avoir une idée claire des coûts d’une éventuelle reconstruction. La catastrophe provoquée par l’insécurité généralisée que vit le pays depuis les cinq dernières années est comparable à ces catastrophes naturelles pour lesquelles on réalisait des évaluations d’impact. Il ne rentre tout simplement pas dans le canevas prédéfini par les organisations internationales qui, habituellement, utilisent les résultats pour réaliser des plaidoiries de financement auprès des bailleurs de fonds internationaux. Il est difficile de leur demander de financer la reconstruction d’une catastrophe provoquée en grande partie par des Haïtiens eux-mêmes. N’empêche qu’il s’avère nécessaire de réaliser le plus rapidement possible une évaluation d’impact de l’insécurité sur l’économie nationale.

Avant même de penser à une méthodologie d’évaluation d’impact économique, il importe de s’entendre sur l’acception de la notion d’insécurité. De façon large, l'insécurité est un sentiment qui renvoie à l'instabilité. Elle peut être liée à la perte d'un emploi, à un milieu soumis à la délinquance ou à un état que l'être humain peut ressentir lorsqu'il se sent en danger. Abraham Maslow définit une personne « insécure » comme une personne qui « perçoit le monde comme une jungle menaçante et la plupart des êtres humains comme dangereux et égoïstes ; se sent rejetée et isolée, anxieuse et hostile; est généralement pessimiste et malheureuse ; montre des signes de tension et de conflit ; a tendance à se replier sur elle-même ; est troublée par des sentiments de culpabilité ; présente l'une ou l'autre perturbation de l'estime de soi ; a tendance à être névrosée, et est généralement égoïste et égocentrique».