Le premier ministre Garry Conille a lancé ce 2 septembre 2024 une plateforme en ligne pour favoriser la "modernisation de la gestion des agents contractuels de l'administration publique".
Sur le papier, c’est une bonne décision de vouloir moderniser la gestion de ceux -- plus de vingt-trois mille -- qui devaient être des ajouts spécialisés pour l’administration publique mais qui sont devenus, au fil des ans, des employés précaires non fonctionnarisés ou de simples bénéficiaires de chèques.
Dans certains ministères, il y a plus de contractuels que de fonctionnaires et s’ils ne pèsent pas lourd dans le budget de l’Etat (plus de 6 milliards de gourdes pour les contractuels contre plus de quatre-vingt deux milliards de gourdes pour les fonctionnaires), on se demande pourquoi ne pas intégrer formellement ceux qui sont contractuels depuis très longtemps ou ceux dont l’utilité du travail est avérée et ensuite réglementer réellement le régime des contrats ?
Pour l’instant, on ignore en quoi l’outil informatique va permettre de gérer les dizaines de milliers de contractuels qui peuplent les organismes publics quand on sait que l’invention des contrats dans le public est un simple contournement de l’impossibilité pour les ministres et directeurs généraux de procéder à des embauches.
Le premier ministre, depuis des années et bien avant le dernier en date, est l’autorité de nomination et c’est en général extrêmement difficile d’obtenir qu’un dossier de nomination aboutisse en suivant la procédure normale, il est devenu plus simple de signer des contrats.
Les fléaux de l’administration publique sont l’absentéisme au niveau des fonctionnaires et des contractuels et la répartition inégale des compétences d’un ministère à l'autre. La plateforme va-t-elle aider à avancer sur ces problématiques ?
Combien de diplômés occupent aujourd’hui l’administration publique et quels sont les salaires et avantages offerts aux cerveaux de l’Etat ? La plateforme va-t-elle aller au fond des choses pour une vraie réforme de qualité avant une opération quantitative ?
Est-ce que le premier ministre Garry Conille va-t-il trouver les bonnes formules n’est même pas la question si on ignore quel problème il veut résoudre ou quel pion il souhaite avancer sur l’échiquier du premier employeur de la nation : la fonction publique.





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