La nouvelle du jour en Haïti est la publication du résumé exécutif du rapport de l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) qui renvoie devant la justice trois membres du Conseil Présidentiel de Transition et le dernier président en date de la Banque Nationale de Crédit, première banque commerciale détenue par l’Etat haïtien, pour corruption passive et active.

La nouvelle est énorme, mais c’est la suite qui importe. Suites politiques, judiciaires, médiatiques…

En attendant, il y a eu ces derniers jours la publication en rafale d’une série de statistiques qui donnent froid dans le dos.

3 661 personnes assassinées avec violence depuis janvier 2024, selon les Nations Unies (ONU). Et un nombre incalculable de blessés et de violées sur la même période.

5,4 millions d’Haïtiens luttent chaque jour pour se nourrir et nourrir leur famille, ce qui représente l’une des proportions les plus élevées de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë, parmi toutes les crises mondiales, selon le Programme Alimentaire Mondial (PAM)

Plus de 700 000 Haïtiens sont des réfugiés dans leur propre pays. Ce sont des déplacés qui ont abandonné ou perdu leur lieu d’habitation à cause de la violence. La moitié des déplacés sont des enfants.

10 000, c’est le nombre d’Haïtiens que la République dominicaine annonce qu’elle va renvoyer en Haïti chaque semaine.

X, c’est l’inconnue dans l’équation quand on cherche à savoir combien d’enfants ne pourront pas compléter l’année scolaire ou avoir accès cette année aux soins de santé de base.

Dans l’actualité, il y a les nouvelles sans surprise qui font le buzz et les autres qui passent comme une lettre à la poste.

Il existe toujours un lien entre les deux types d’information. Il faut le trouver pour comprendre les temps à venir.

Dans quelle mesure nos gouvernants qui ne se préoccupent pas de l’essentiel sont-ils responsables des statistiques catastrophiques des derniers jours ? Telle est la question du jour.