Le Conseil présidentiel de Transition, un problème en plus ? Comme si Haïti n’avait pas assez de problèmes, le CPT semble vouloir s’ajouter à la liste. Cette institution, résultat du pourrissement de la crise haïtienne, apparait jusqu’ici comme un élément de la crise au lieu d’être la solution qu’elle prétendait être. Les soupçons de corruption contre trois des neuf membres du CPT confirmées par l’Unité de Lutte Contre la Corruption dans son rapport publié mercredi place le CPT dans une situation inconfortable. Faut-il garder ou non les trois membres indexés dans le scandale de la BNC ?

Vu que les décisions au CPT doivent être adoptées à une majorité de 5 sur 7 membres votants, on risque d’attendre en vain un vote dans le sens du rapport de l’ULCC. Deux parmi les trois accusés – Emmanuel Vertilaire et Louis Gérald Gilles - ont déjà annoncé qu’ils ne démissionneront pas. Smith Augustin, quant à lui, promet de faire connaitre sa décision à travers ses avocats et les regroupements de partis politiques qui l’ont désigné au CPT. Ce serait mal connaitre l’homme politique haïtien d’espérer le contraire. Que peuvent les partis politiques et organisations de la société civile qui ont désigné les conseillers indexés ? Peut-être rien quand on se rappelle le peu d’autorité qu’exercent généralement les partis politiques sur leurs membres une fois élus ou parachutés au pouvoir. Face au scénario que les institutions et les lois haïtiennes ne peuvent rien contre les conseillers indexés, à quoi faut-il s’attendre ? Ceux qui suivent de près la politique haïtienne au cours des dernières décennies peuvent faire leur pronostic.