Le massacre de Pont Sondé est la dernière en date dans la longue liste des mauvaises nouvelles de ces derniers jours.
Le massacre a eu lieu à Pont Sondé, il aurait pu se produire en n’importe quel point du territoire national. Les gangs sont maîtres des territoires, leur violence n’a pas de limite et l’Etat ne semble pas en mesure de les contrer avec ou sans la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité.
Des exécutions. 40, 50, 70 morts, en une nuit, dans une petite ville de province. Aura-t-on un jour un bilan précis ? Il est permis d’en douter.
Alors que le département de l’Artibonite appelle à l’aide depuis des mois et des mois, des renforts sont enfin arrivés. Vont-ils demeurer sur place ? Vont-ils faire mieux que les dernières fois ? La PNH est mise en déroute régulièrement dans la zone.
Cette tragédie locale ne doit pas nous empêcher de faire le point sur la situation globale du pays.
Depuis un mois, le port de Port-au-Prince, là où les douanes haïtiennes collectent 85% des recettes, est dysfonctionnel. Les bandits attaquent les bateaux, kidnappent les marins, canardent les installations le l’Autorité Portuaire Nationale.
On ignore quand le trafic maritime pourra reprendre sereinement au port.
Dans un autre point de collecte de la République, à la Direction générale des Impôts, c’est une grève générale qui prive l’Etat de rentrées. Toutes les perceptions attendues en fin d’exercice et au début de la nouvelle année fiscale sont reportées à une date ultérieure.
En cette fin de la première semaine de l’année fiscale, l’Etat haïtien est hors jeu. Les fonds ne rentrent pas.
Pendant ce temps, le Conseil Présidentiel de Transition s’apprête à vivre sa deuxième grande crise après l’affaire du Bloc Indissoluble qui avait voulu faire main basse sur le processus de transition.
Les Conseillers espèrent survivre à la crise CPT-BNC-ULCC, mais rien ne dit qu’ils pourront se refaire une image, parés qu’ils sont du manteau des accusations de corruption qui au minimum contraindra à des changements et parasitera la transition.
Autres troubles pour le pays, les relations avec la République Dominicaine continuent de se dégrader et le programme Biden s’achève. Des dizaines de milliers de compatriotes sont dans la tourmente et risquent de revenir en Haïti plus tôt que prévu.
Pour parachever le portrait de la semaine, le Conseil Présidentiel de Transition a fait l’impasse sur la participation haïtienne au 19e Sommet de la Francophonie qui se tient en France.
Le président Leblanc a annulé sa participation et aucun représentant officiel venu d’Haïti n’a fait le déplacement.
On ignore si cette absence de Leblanc au Sommet de la Francophonie en France et de ses représentants à ses raisons que la raison ignore, ou si simplement le président du CPT a fait machine arrière pour ne pas avoir à dire au président Emmanuel Macron ce qu’il a déclaré à la tribune de l’ONU sur la dette de l’indépendance.
Haïti est un pays écartelé entre plusieurs facettes de la crise existentielle qui la ronge en ce début de l’exercice fiscal 2024-2025.





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