Scène désespérante à Port-au-Prince ce jeudi 14 novembre. Des centaines de familles ont dû fuir les quartiers de Solino, de Delmas 30, de Nazon et de Christ-Roi pour échapper à la terreur des groupes criminels de la coalition Viv ansanm. Sur la route de Nazon, des pères et mères de famille, des vieillards, des jeunes, des enfants ont été remarqués prenant leurs jambes à leur cou, afin de trouver un refuge pour échapper à la mort. Certains portaient des sacs, d’autres quelques vêtements, des documents d’identité, des ustensiles de cuisine, des draps, quelques meubles, un dernier souvenir et quelques accessoires pour tenter de survivre. 

Solino, après plus d’un an de résistance, est finalement tombé dans l’escarcelle des gangs. Après la mort de Jeff Petit-Dieu, un agent de l’unité d’élite Swat qui s’est donné corps et âme pour défendre sa zone, les derniers habitants qui s’accrochaient à ce quartier ont perdu tout espoir, a raconté un riverain au Nouvelliste. Le groupe de policiers qui combattaient aux côtés de Jeff sont démoralisés et démobilisés, explique ce riverain.