Haïti, avec la maladresse de ses dirigeants et la bénédiction de la communauté internationale, expérimente un système de gouvernance atypique. Tous les postes électifs sont occupés par des autorités provisoires. C’est une véritable déconstruction de l’Etat qui se poursuit depuis que le défunt président Jovenel Moise n'a pas réalisé d’élections pour remplacer les derniers parlementaires et maires élus. Depuis, le pays fonctionne sans pouvoir législatif. Dans l’intervalle, les mandats de tous les élus sont arrivés à terme.

Nos dernières élections remontent à 2016. A l’heure actuelle, le pays devait être en train de préparer les élections du successeur du successeur de Jovenel Moise. Considérant la détérioration des conditions sécuritaires, on se demande si le pays aura de dirigeants élus au début de l’année prochaine. Six mois après son installation, le Conseil présidentiel de Transition n’est toujours pas en mesure de doter le pays d’un Conseil électoral provisoire complet. Ariel Henry quant à lui a passé presque trois ans au pouvoir sans trouver le moindre consensus pour nommer un CEP.