La presse a rapporté, mercredi 11 décembre 2024, la perpétration d’un nouveau massacre par un gang. Cette fois, c’est celui de Savien, dans l’Artibonite, appelé « Gran grif », qui s’en est pris à des civils désarmés et à des mineurs innocents à la Petite-Rivière de l’Artibonite.

Le journaliste qui suit la région pour Le Nouvelliste parle de carnage. Des enfants, des femmes, des hommes ont été massacrés dans la nuit de mardi à mercredi dans leur lit ou dans la cour de leur domicile. 

Pour cette seule semaine de décembre, c’est le deuxième cas d’assassinats de masse qu’on dénombre, après le massacre de wharf jérémie. Mais faut-il rappeler que tous les jours, en plusieurs coins du territoire, des Haïtiennes et Haïtiens meurent de mort violente, que des cadavres finissent brûlés, que des corps sont jetés, abandonnés comme de vulgaires immondices, que la cruauté s’est normalisée.

Les riverains rapportent l’existence d’un VAR à Nazon, le long de l’avenue Martin Luther King, depuis la chute de Solino. Un autre VAR au cœur de Port-au-Prince. Un VAR de plus !

Le VAR, dans le langage courant en Haïti, n’a rien à voir avec le fameux « Video Assistant Referees », ce procédé d’assistance mis en place par la FIFA pour aider dans l’arbitrage des matchs en recourant à la vidéo. 

Le VAR dans les rues de Port-au-Prince est un tronçon de rue ou un quartier où la mort peut vous surprendre sans avertissement. 

Haïti rappelle Sarajevo avec ses snipers du début des années 90 lors du siège mis en place par les Serbes, sauf qu’ici il n’y a ni guerre ethnique, ni guerre de religion, ni bataille autour des nationalités ou des régions. 

Comme on administre un lent goutte-à-goutte, on tue en Haïti. chaque jour. sans répit. Grands et petits massacres se rejoignent dans les statistiques de la désolation. La violence s’infiltre, s’installe, se perpétue. 

Pendant ce temps, le gouvernement et les meilleurs amis d’Haïti, se contentent de changer les dates et les lieux dans d’anciens communiqués absolument affligeants qui sont, en fait, l’expression d’une impuissance insupportable.

D’un gouvernement à un autre en Haïti, d’une ambassade à une autre, d’un porte-parole à un autre, tout le monde condamne, réclame justice ou promet une réponse appropriée. 

Dans les faits, rien ne se passe. Les massacres se suivent et se ressemblent comme les réponses des autorités de tout poil, de tout plumage et de tout temps.