Conille. Le cas du Premier ministre Garry Conille est un rare exemple dans l’histoire d’Haïti d’un responsable politique qui s’est trompé deux fois dans le même registre. Premier ministre en 2012, Conille se croyait plus fort que Michel Martelly, le président qui l’avait nommé. En 2024, redevenu premier ministre, il s’est encore une fois fourvoyé en oubliant que ce sont les membres du Conseil Présidentiel de Transition qui avaient signé sa nomination. Comme la première fois, le Premier ministre Conille a perdu son titre sans comprendre les limites de son rôle et sans évaluer son poids politique réel.
CPT. Le Conseil Présidentiel de Transition est la dernière invention de la classe politique haïtienne associée à la communauté internationale pour démantibuler le pays et ses institutions. Le problème ce n’est pas le conseil en lui-même, le pays en a connu d’autres dans le passé, mais sa composition pléthorique. 9 présidents avec les avantages, les honneurs, les immunités et les tentations du poste, la formule ne peut être ni efficace ni efficiente. Neuf membres d’un conseil qui tous veulent le pouvoir et le garder, mais à qui on donne pour mission d’organiser la transition, cela relève de la gageure. Sauf heureux accident, cette combinaison risque de conduire le pays dans une impasse encore plus obscure que celle, catastrophique, concoctée par Ariel Henry.
Le déplacé inconnu. Qui ne connaît pas quelqu’un qui a dû laisser son domicile, perdre des mois de loyers payés d’avance, ou sa maison, en cette année 2024. La violence des gangs, encore elle, a poussé vers les chemins de l’exode, de centres d’hébergement et de la misère, des centaines de milliers de personnes. Certains se sont enfuis avec le rechange sur le corps pour tout bien. Beaucoup sont sortis un matin et n’ont jamais pu regagner leur demeure. D’autres ont assisté, impuissants, à la destruction de tous leurs biens. Les statistiques de l’ONU parlent de plus de 700 000 déplacés en Haïti. De paisibles citoyens sont devenus, du jour au lendemain, des réfugiés dans leur propre pays.






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