Lord Balfour disait du jeune Winston Churchill qu’il voyait en lui un jeune homme plein de promesses, mais qu’il était seulement un jeune homme qui faisait des promesses. Cette raillerie n’est-elle pas applicable au Conseil présidentiel de transition dont la gestion depuis qu’il est à la barre est marquée surtout par des annonces sans grande conséquence sur notre quotidien? L’impression que l’on retire est qu’il semble être plus un spectateur de la tragédie qui est la nôtre qu’un acteur déterminé à y mettre fin, comme s’il était composé non de deux mais de neuf observateurs. Embourbé dès le départ, le CPT n’a été à aucun moment jusqu’ici le salut qu’en attend la population.

Néanmoins, il faut reconnaître que son président, Leslie Voltaire, tente depuis quelques jours de sortir le Conseil de son indolence par des initiatives osées mais qui laissent perplexe. La visioconférence avec Maduro et la rencontre à grand bruit avec le président colombien Gustavo Petro semblent relever plus du spectacle que d’une appréciation rationnelle des réalités géopolitiques. On peut présumer que les résultats seront insignifiants pour la raison que ces deux dirigeants, au-delà des effets de manche, se tiendront dans une réserve prudente face au trumpisme triomphant. Ajouté à cette conjecture le manque de moyens économiques et logistiques des deux pays sollicités. Et puis, comment traiter entre deux États quand celui que préside Voltaire est en pleine déliquescence?