La situation existe depuis des mois et elle n’est que trop connue des responsables. Dans la majorité des villes de province du pays : les banques et les maisons de transfert ont des difficultés pour servir leurs clients. Ils rationnent les retraits et fixent la quantité de gourdes ou de dollars qu’un client peut prélever sur son compte.

Dans les deux cas, la raison est simple : plus personne ne peut avoir autant de liquidités souhaitées. Les routes sont occupées par les bandits, le cabotage n’est pas plus sûr pour convoyer de l’argent et le trafic aérien est fortement perturbé.

Pour les fonds en dollars, la position des autorités n’est pas clairement définie. Elles laissent faire et, forcément, c’est la loi des plus forts qui prime. Entre abus et silence, les clients paient le prix d’un pot qu’ils n’ont pas cassé.

Dans nos villes de province, à cause de l’insécurité, les banques comme les maisons de transferts et les opérateurs de virements électroniques, ne peuvent disposer de suffisamment de cash pour répondre aux besoins des clients. Mais est-ce aux clients de subir les conséquences ?

En plus d’être victime de restrictions sur les montants qu’ils  peuvent retirer quotidiennement, les clients gaspillent un temps fou à faire la queue.

Faire perdre aux clients des heures devant une banque ou une maison de transfert, dans des conditions exécrables, est aussi une tactique mise sur pied pour rationner le stock de cash disponible. Un opérateur qui sert deux cents clients dans la journée au lieu de cinq cents garde de l’argent en caisse. Décourager les clients est aussi une façon de ralentir les demandes de numéraires.

Pour les transferts sur l’étranger, non seulement les clients perdent au change -car le taux de conversion des dollars reçus en gourdes, la monnaie de paiement, est à la discrétion fournisseur de service, qui fait son beurre au passage, en plus des frais prélevés- ils doivent aussi perdre du temps  voire payer un montant additionnel, presque assimilable à un pot de vin, pour recevoir leur transfert.

Très souvent en Haïti de nos jours, dans le monde des transferts, l’envoyeur paie des frais, le bénéficiaire doit aussi en payer. Double peine pour certains, double bénéfice pour d’autres.

Rares sont les villes où l’on peut tirer plus de cent dollars de son compte en banque. Rares sont les villes où les Haïtiens ne perdent pas des heures pour se faire servir.

Perte de temps, perte d’argent, dans un pays où souvent lajan w ap kale w.