Comme c’est le cas depuis le 1er juin 2021, date à laquelle Martissant, quartier à la sortie de Port-au-Prince, est tombé aux mains des bandits, en 2024, les postes de péage se sont multipliés sur les rares routes encore opérationnelles. Pour se rendre au sud de Port-au-Prince comme au nord, il faut mettre la main à la bourse. Au final, ce sont les passagers qui paient car pour faire face au lourd tribut exigé par les bandits armés, les chauffeurs ajustent leur prix.

Comme toujours, pour éviter les postes de péage, de nouvelles voies sont explorées. Pour se rendre dans le Sud, ceux qui veulent éviter le chemin des bandits armés passent par Kenscoff. Séguin, Kay Jacques ou Ti Muska, qui sont devenues des voies de secours. D’autres usagers passent quand même par Martissant, mais pour éviter de passer par Gressier dont les bandits ont pris contrôle en milieu d’année, les voyageurs doivent faire un détour en passant par le morne Degan. Et pour le Nord, c’est la route nationale # 3 qui s’offre comme alternative. Une voie autant difficile que périlleuse, car le morne Grand Gilles se dresse comme un obstacle pour chauffeurs et passagers. Les récits et les témoignages publiés au fil des semaines dans les colonnes du Nouvelliste par ceux qui ont emprunté ces voies disent tout.