L’histoire que le collectif universitaire Kirekk est en train d’écrire s’inscrit en négation d’une vision élitiste de la culture. Depuis 2018, ce collectif se donne pour mission de démocratiser l’accès aux biens et services culturels, en particulier pour les jeunes de Carrefour-Feuilles et des quartiers voisins. Il leur offre un espace où des outils nécessaires à leur émancipation sont mis à leur disposition, leur permettant ainsi de renforcer leur puissance d’être.

Une centaine de jeunes participent activement aux nombreuses activités proposées, tels des ateliers de chant, des jeux traditionnels, du slam, des projections de films et des rencontres avec des auteurs. Qu'ils soient écoliers ou étudiants universitaires, ces activités occupent une place essentielle dans leur quotidien, leur offrant un espace pour s’exprimer, réfléchir et échanger. La singularité du projet réside dans cette pédagogie de la réciprocité, où les jeunes eux-mêmes — souvent issus des quartiers avoisinants — jouent un rôle clé dans l’animation de ces ateliers. Il ne s'agit pas d'une relation verticale, de maître à l'élève, mais d’une forme d’échange où chacun est à la fois enseignant et apprenant, acteur et spectateur. Cette pratique « horizontale » de la culture, loin d’un académisme rigide, est le moyen de créer une communauté de sens et de renforcer une cohésion sociale qui, dans d'autres contextes, serait impossible à imaginer.