Des élèves des écoles publiques de Miragoâne ont attaqué des élèves d’écoles privées de la ville, lundi 13 janvier 2025.

Le motif du différend tient dans la grève des enseignants du secteur public.

Sans professeurs, les élèves des lycées de la ville de Fernand Hibbert ont tenté de forcer les élèves d’un collège à les rejoindre au sein d’une manifestation de dénonciation. Cela a viré à l’affrontement à coups de pierres et de bouteilles.

Ce n’est pas la première fois, ni dans la première ville, que la demande de solidarité entre élèves sans professeurs et élèves avec professeurs, le public contre le privé, tourne à la violence. Malheureusement, c’est une fois de trop.

Les élèves ne devraient jamais se retrouver dans de telles situations. Tous les professeurs devraient être à leur poste. Tous ceux qui préparent leurs examens devraient suivre les cours réguliers.

La grève des professeurs du secteur public est devenue un marronnier, un phénomène récurrent, un passage obligé. Elle ruine l’année scolaire d’autant que les arrêts de travail n’ont pas de limite dans le temps. Les intérêts des écoliers et la nécessité de boucler le programme ne sont pas pris en compte.

La grève des éducateurs est toujours une grève manche longue. Elle ne dure pas quelques heures par jour ou quelques jours par semaine. Non. La grève commence et s’arrête quand elle s’arrête.

Chaque année, les enfants les plus pauvres, ceux qui n’ont pas d’autres choix que de se trouver une place dans une école financée par l’État, perdent une semaine, un mois, un trimestre et des fois plus, à cause des mêmes revendications de leurs professeurs.

Chaque année, promotion après promotion, les cours de rattrapage sont bâclés, l’enseignement s’effrite, la transmission est en panne mais les professeurs perçoivent salaires, primes, augmentations ou profitent au minimum de vacances non méritées pendant que les enfants paient le prix fort en baisse de niveau et occasions ratées.

Cette année scolaire, les revendications des enseignants n’ont pas fait grand débat avant l’annonce de la grève. Aucun écho de négociations entre le ministère de l’Éducation nationale et les syndicats. Le couperet est tombé sec sur l’avenir des enfants, ces pupilles déformées par ceux payés pour les former.

L’action des gangs, les ravages de l’insécurité et de la violence pénalisent fortement les cursus en Haïti depuis des années, il n’est pas nécessaire aux professeurs d’infliger une punition supplémentaire aux plus faibles du système éducatif.

La grève des enseignants tombe au plus mal et l’indifférence de l’État l’aggrave. La condition des professeurs mérite régulièrement un ajustement, l’éducation ne doit pas en pâtir.