La deuxième ville du pays dispose de tous les atouts pour servir de relais de croissance au pays pendant que Port-au-Prince est en panne. Et pourtant, rien ne va au Cap-Haïtien.

Le Cap, ancienne capitale du pays au temps de la colonie, a un nom connu. La ville est une référence historique pour Haïti et l’humanité’ La bataille finale pour l’indépendance nationale s’est déroulée à ses portes en 1803.

Même sans recensement récent, on peut dire que la ville a un bassin d’habitants conséquent. Quand on ajoute les régions avoisinantes, le Cap est une grande métropole en expansion.

La ville dispose d’un port et d’un aéroport international. Le grand Nord dispose de potentialités agricoles importantes, de deux parcs industriels, de milliers d’emplois dans la sous-traitance.

À quelques kilomètres du centre-ville historique, Labadee est le seul port de croisière du pays où débarquent des centaines de milliers de visiteurs chaque année. Le Cap, comme ses environs, regorge de sites historiques, -- dont le Parc National Historique Citadelle, Sans-Soucis, Ramiers, classé sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1982- capables d’attirer aussi bien la diaspora que les touristes du monde entier.

Contrairement à la région métropolitaine de Port-au-Prince, le grand Nord est épargné, jusqu’à date, par les gangs et le grand banditisme. La vie se déroule paisiblement dans la région.

Il y a un secteur privé ouvert sur le monde depuis des siècles, une intelligentsia, des écoles et universités. Il y a une vie économique et sociale de jour comme de nuit.

Sur le papier le Cap-Haïtien dispose de tout ; mais voilà, depuis des années, la ville est plongée dans le noir faute d’électricité. Il n’y a pas eu de grands travaux d’infrastructures depuis longtemps. Il n’existe, selon le Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire (CIAT), aucun plan d’aménagement ni de développement de la ville, encore moins du département.

Le Nord et le grand Nord avec ses trois départements géographiques n’existent pas comme entité ni comme pôle.

Et cerise sur la poubelle, la ville, comme ses environs, croule sous des tonnes d’immondices, son mal-être nage dans des canaux bouchés. La ville se noie à la moindre averse. Ses environs sont inondés sans avis et passent des jours les pieds dans la boue.

La ville, la région, le grand Nord sont laissés à l’abandon depuis des années, des décennies, si on enlève les travaux sporadiques entrepris, sans vision d’ensemble ni volonté de continuité, sous René Préval, Michel Martelly ou Jovenel Moïse.

Et pourtant, le Cap a eu aux plus hautes fonctions des fils et des filles issus de ses entrailles ou de sa province proche. Aujourd’hui encore, le Conseil Présidentiel de Transition, notre cher CPT, regroupe d’illustres enfants du Grand Nord.

Il faudra un jour qu’ils expliquent pourquoi le Cap, le Nord, le grand Nord sont laissés dans cette décadence, sur un lit de fatras.

Le royaume du roi Henri 1er mérite mieux.