Tous les services d’intelligence étaient au courant du projet des bandits d’attaquer Kenscoff, « qu’il allait y avoir un problème », a avoué le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, lors d’un point de presse à la direction générale de la PNH, hier jeudi. En une question, le PM Fils-Aimé a indexé et fixé la responsabilité du chef de la police, Rameau Normil. « Comment cela est-il arrivé alors que nous savions ?», s’est demandé le chef du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN), comme pour souligner, qu’en bout de bout de chaîne, qu’il appartenait à la police d’exploiter ces informations, de prendre des dispositions appropriées afin d’éviter ces attaques. Le Premier ministre n’a cependant pas communiqué de bilan sur le nombre de morts, de blessés, de déplacés. Il a une nouvelle fois promis que la sécurité est la « priorité numéro # 1 » de son gouvernement. Le Premier ministre, a l’instar de nombreux de ses prédécesseurs, a ses mots, ses promesses.
Mais sur place, dans beaucoup d'endroits de la commune de Kenscoff, la page de la terreur n’est toujours pas tournée, ce vendredi 31 janvier. Et, ici et là, on glane des témoignages pour consolider le bilan, raconter les atrocités perpétrées par les gangs. Le maire de Kenscoff, Jean Massillon, interrogé peu avant midi, a affiché la même « prudence ». « Entre lundi et mardi, des gens ont indiqué que plus d’une quarantaine de personnes ont été tuées », a-t-il dit. Entre jeudi et vendredi, les violences se sont poursuivies. Les bandits se sont installés dans l’église Baptiste de Kikwa, attaquent d’autres communautés. Les gens ne peuvent pas inhumer leurs proches. Les chiens dévorent des cadavres. « Un paysan qui avait pris l’initiative d’inhumer les corps de ses voisins a été décapité par les bandits », a poursuivi le Jean Massillon qui confie, citant des témoignages, que six membres d’une même famille ont été tués par les bandits. Le maire de Kenscoff qui remue ciel et terre pour assister « quatre à cinq cents déplacés », a par ailleurs déploré l’abandon de la commune de Carrefour. « C’est de là qu’ils viennent pour semer la mort à Kenscoff. Ils passent par Beli», a expliqué le maire qui évoque l’effort de la police et de résidents pour protéger le centre-ville de Kenscoff.






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