Annoncé pour début janvier, un mois plus tard le « budget de guerre » du Conseil Présidentiel de Transition n’a pas encore vu le jour.
Le budget comporte deux points essentiels selon une source au sein du CPT interrogé par Le Nouvelliste : une augmentation des crédits pour la Police nationale d’Haïti, les Forces Armées d’Haïti et les autres organes de sécurité et l’allègement des procédures administratives pour permettre d’accélérer les décaissements.
Pour ce qu’il s’agit de l’augmentation des fonds en faveur de la PNH et des FADH, le premier ministre Garry Conille s’en était chargé dans le budget en cours.
Les crédits alloués à la PNH en 2023-2024 étaient de 19.8 milliards de gourdes. Dans le budget 2024-2025, les crédits sont déjà portés à plus de 28 milliards de gourdes.
Dans le cas des Forces Armées d’Haïti, le budget est passé d’un milliard de gourdes dans le budget 23-24 à 7 milliards de gourdes dans celui de l’exercice fiscal 2024-2025.
Les augmentations de crédits sont significatives. Bien entendu, le budget rectificatif peut faire mieux.
Le « budget de guerre » va-t-il augmenter les fonds disponibles ? Sans doute.
L’État est-il en capacité de réellement relever les plafonds sachant que les budgets de la République ne sont pas sincères et dépendent des recettes collectées qui fluctuent selon la situation politique et sociale ou des dons en provenance de l’étranger ?
Qu’à cela ne tienne, 1 ou 20 milliards de plus pour la sécurité ne va rien changer à la situation des forces de sécurité si elles continuent à ne pas dépenser les sommes disponibles.
Selon les informations recueillies par Le Nouvelliste, ni la PNH ni les FADH n’avaient -au 1er février 2025- encore placé de commandes sur les fonds publics disponibles dans le budget national pour acquérir matériels ou services de manière significative.
Pour l’allègement des procédures afin de décaisser les fonds, les observateurs se demandent qu’est-ce qu’il faudrait encore alléger ?
Avec l’Etat d’urgence qui est renouvelé mois après mois, les dépenses de sécurité et d’intelligence ont la priorité et évitent toutes procédures administratives régulières.
« Le budget de guerre » va-t-il changer quelque chose à la crise sécuritaire et à l’inefficacité de la réponse? Au-delà de l’expression qui semble plaire au CPT, et au mot « guerre » qui est bien utile dans le contexte, pouvons-nous espérer et parvenir à de meilleurs jours ?




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