Les perceptions effectuées par les bureaux des douanes à la frontière restent marginales par rapport au volume d’exportations de la République dominicaine en Haïti. Entre octobre 2019 et le mois de janvier 2025, le « tableau analytique des perceptions douanières à l'importation, base encaissement des bureaux frontaliers » de Malpasse, de Ouanaminthe, de Belladères, de Thomassique et Anse-à-Pitres font état de près de 11 milliards 200 gourdes (FOB) de recettes. Alors que les exportations de la République dominicaine, sans les zones franches, ont été, de 2019 à 2024 de 3 milliards 135 000 000 de dollars US, selon des données partagées par les douanes de l'État voisin. D’un autre côté, nos sources ont souligné que la sous perception ou la sous-facturation n’est pas l’unique problème. Il y a des marchandises qui entrent en contrebande sans payer un centime. C’est aussi le cas pour des marchandises dites en transit vers Haïti. De cette façon, ces importateurs ne paient ni en République dominicaine ni en Haïti, a poursuivi l’une de nos sources.

Les contrebandiers ont aménagé des passages pour acheminer des marchandises à la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Des policiers sont impliqués dans la sécurisation de marchandises entrées en contrebande, a soutenu l’une de nos sources, préoccupée par la porosité de la frontière. Il peut y avoir des armes et des munitions dans ces marchandises entrées en contrebande, s’est inquiétée notre source. Belladères et Ouanaminthe ont dépassé le bureau de Malpasse en termes de perception en 2022, dans un contexte de violence à Croix-des-Bouquets. Les marchandises en contrebande ont provoqué des attaques contre des antennes de la douane a la frontière et les saisies d’armes et de munitions à la frontière sont très rares, avons-nous aussi appris.