Les jours passent, les nouvelles demeurent mauvaises sur le plan sécuritaire. Dans trois endroits différents de la région métropolitaine de Port-au-Prince cette semaine, Kenscoff, Nazon et Carrefour-Feuilles, la paix a été prise pour cible.

Les images des résidents de Carrefour-Feuilles qui dévalent les rues pour fuir une nouvelle vague d’attaques des gangs, font le tour des réseaux sociaux. Non, ce ne sont pas celles de l’année dernière mais bien de nouvelles images, prises en ce mois de février 2025. 

Quelques jours avant, c’est la région de Nazon qui était à l’affiche de nos drames. Le quartier, martyrisé comme celui de Solino, a été vidé de ses résidents, mais cela n’a pas assouvi la violence des gangs. Ils se sont acharnés sur les biens.  Des images qui circulent montrent des maisons qui se consument sans aucune réaction des secours. 

C’est à Kenscoff que la semaine sanglante avait débuté, dimanche 16 février 2025, avec une attaque contre la zone des antennes. Des défenseurs de la commune, des membres des forces de l’ordre et assimilés, ont perdu la vie au cours des affrontements. Cela fera bientôt un mois que Kenscoff est sous le feu des gangs. Un mois que la réponse des forces de sécurité est défaillante, comme à chaque fois que les bandits déclenchent une offensive. 

Sur le plan du symbole, c’est catastrophique. Les images d’un blindé de la police incendié par les bandits témoignent de quelque chose qui ne fonctionne pas, les explications fournies par le service de relation publique de l’institution n’ont pas dissipé le malaise.

Le sentiment d’abandon des populations de Nazon, de Carrefour-Feuilles, de Kenscoff et de l’ensemble des habitants de l’Ouest, qui savent qu’ils ne sont à l’abri de rien, est immense.

Cette troisième semaine de février s’inscrit dans la longue liste des jours qui confortent le sentiment que les autorités haïtiennes sont incapables de trouver les solutions pour que les choses changent. 

Il y a une année, Ariel Henry, Premier ministre sans projet, laissait le pouvoir. Il y aura bientôt un an que le Conseil Présidentiel de Transition a pris sa place. 

Qui aurait cru qu’il serait impossible de faire mieux qu’Ariel Henry ? Qui aurait cru qu’il était possible de faire pire qu’Ariel Henry ?

Au fil des semaines et des nouvelles qui ne changent pas, Haïti est devant une évidence : le pouvoir, d’un responsable à l’autre, conjugue l’inefficacité et l’échec avec la même constance.