Le récent tweet du conseiller-président Emmanuel Vertilaire rappelant publiquement à Fritz Alphonse Jean qu’il n’est pas Président de la République et qu’il ne peut exercer seul un magistère politique met en lumière les malaises qui finiront par miner le Conseil Présidentiel de Transition. Déjà presque vide de sève, s’il n’en a jamais eu, l’arbre à neuf branches qu’est ce dernier sèchera et tombera si le vent qui se lève se transforme en tempête. Ce pavé que le mandataire du parti Pitit Dessalines a jeté dans la mare du nouveau coordonnateur ouvre une brèche dans la façade du Conseil par où débouleront tous ceux qu’animent les ferments d’une rancune accumulée.

A observer de plus près, une réalité saute aux yeux. La ligne de partage des eaux entre les membres votants du Conseil n’est pas seulement politique, elle est aussi sociologique. D’un côté, la bande des quatre: Edgar Leblanc, Fritz Alphonse Jean, Leslie Voltaire, Laurent St-Cyr sont tous issus de la classe moyenne supérieure; de l’autre, on trouve les hommes d’origine petite-bourgeoise que sont Emmanuel Vertilaire, Louis Gérald Gilles et Smith Augustin. Cette frontière n’est pas artificielle. Elle reflète deux visions du monde qui auront, si la perception est avérée, un effet de fracture profonde et durable.