Eliana a marché. Peut-être ne s’est-elle jamais arrêtée au début, un jour et une nuit. Elle a avancé, ne regardait plus à rien, l’éclat avait irradié le regard, la clameur éteint la voix. Les armes ont hurlé et elle entend résonner l’écho en elle, à chaque fois plus lugubre. Elle entendait les hurlements féroces au dedans, ne voyait plus qu’au dedans les visages de la terreur. 

Elle a descendu des mornes par la route étroite, par les sentes raides, parfois glissant, se retenant de justesse, en s’accrochant d’une main à une roche, pour ne pas rouler dans la chute. Ne pas renoncer. Elle retient le foulard noué sur la tête et qui glisse, qu’elle dénoue et ajuste, en le serrant fort, pour ne pas laisser la tête nue.