Après les régions de l’Ouest et du grand Sud, le grand Nord a hébergé, le lundi 17 mars, un atelier régional axé sur l’instauration du Service d’alerte précoce multi-aléas en Haïti (SAPMAH). Cette réunion a eu lieu au Centre opérationnel d’urgence départemental (COUD) du Cap-Haïtien, rassemblant les représentants des Comités départementaux de gestion des risques et des désastres des cinq départements : le Nord, le Nord-Est, le Nord-Ouest, le Centre et l’Artibonite.
Lors de la cérémonie d’ouverture, l’ingénieur Eslerlin Marcelin, directeur de l’Unité Hydrométéorologique d’Haïti, et Naraya Carrasco, chef de projet PRAC à la Banque mondiale, ont pris la parole pour souligner l'importance de ce processus pour accroître les capacités nationales d’alerte et de gestion des risques.
Le directeur intérimaire de la Planification et du Partenariat à la Direction générale de la Protection civile Markenley Alceves Nelson a dirigé une partie de cet atelier. Il a mis en lumière l’objectif de cette initiative : structurer un système d’alerte capable d’intervenir face à plusieurs menaces simultanées, comme les cyclones, les inondations, les submersions marines et les tempêtes tropicales.
« Ces consultations à travers les trois principales régions géographiques du pays — Ouest, grand Sud et grand Nord — permettront de recueillir les recommandations des participants. Ces contributions viendront consolider le document de base, qui sera ensuite proposé au Secrétariat permanent de gestion des risques et des désastres pour validation », a-t-il précisé.
L'objectif est d'alerter rapidement les communautés à risque face à des menaces imminentes et de les orienter sur les mesures de sécurité appropriées à suivre. « Étant donné la vulnérabilité élevée en Haïti, il est crucial que chaque individu ait accès aux informations essentielles en temps opportun, peu importe sa localisation », a souligné M. Nelson.
Ce projet s'appuie sur une approche intégrée et inclusive, impliquant les Comités départementaux de gestion des risques et désastres (CDGRD), la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), le CONATEL, la SEMANAH, l’UHM, ainsi que des intervenants du secteur de la santé, de l’agriculture, et de la société civile. Cette initiative bénéficie du soutien de la Banque mondiale, en collaboration avec le PGRAC mis en œuvre par l’UCP/MICT et en partenariat avec l’UNDRR.
Markenley A. Nelson a mis en avant que cette consultation repose sur deux aspects complémentaires. D'une part, la Banque mondiale soutient la mise en place du Système d'alerte précoce multi-aléas d'Haïti (SAPMAH), conçu pour améliorer la prévention et la réponse nationale face aux catastrophes naturelles. D'autre part, le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR) soutient le déploiement de l'initiative mondiale "Alerte Précoce pour Tous" (EW4ALL), qui vise à garantir que chaque individu, surtout les plus vulnérables, ait un accès rapide et fiable à l'information critique.
Les initiatives SAPMAH et EW4ALL ambitionnent de munir Haïti d'un système d'alerte précoce performant, inclusif et résilient, capable de préserver les populations et leurs ressources vitales. Ces efforts conjoints reposent sur une collaboration renforcée entre les parties prenantes nationales et internationales. L'Organisation météorologique mondiale (OMM) partage son expertise scientifique avec le projet, tandis que la Fédération internationale de la Croix-Rouge (IFRC) participe activement à la mise en œuvre de l'EW4ALL. Markenley A. Nelson a indiqué que l'assistance technique offerte par la Banque mondiale dans ce cadre est rendue possible grâce au financement de l'Union européenne.
« Haïti bénéficie d’un système d’alerte précoce depuis 2006 », a rappelé Markenley Nelson. « Cependant, sous la direction du nouveau directeur général de la DGPC, nous avons initié une démarche visant à renforcer et moderniser ce mécanisme, en tenant compte des vulnérabilités accrues par la déforestation massive et l’urbanisation désordonnée croissante de ces dernières années. »
L’étape finalisée au Cap-Haïtien clôt un important processus de consultations participatives menées à l’échelle nationale. Les autorités locales, les représentants de la société civile, les universitaires et d'autres acteurs majeurs ont été sollicités pour travailler collectivement à la conception d’un système d’alerte précoce plus efficace et inclusif.
« Ces discussions ont permis de valoriser les connaissances et expériences locales en gestion des catastrophes, de façon à concevoir un dispositif d’alerte adapté aux réalités du pays, capable de protéger efficacement les populations les plus vulnérables. »






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