Il n’est guère de projet politique plus réussi dans ce vingt et unième siècle haïtien. Aujourd’hui encore, nous voici à Port-au-Prince, chutant dans l’inconnu comme une pluie. Nous, parias acculés par un peyi lòk continu. Au travail, chez les putes, à l’école (s’il y en a), entre copines, amoureux, l’université, dans les chambres de bar-resto-hôtels, les églises, sur les sites de déplacés, nous nous posons tous au moins cette question : putain ! comment se revoir dans cette ville ?
On peut vouloir me contredire en arborant qu’il y a les réseaux sociaux. Je répondrais que nul n’est plus vrai que le contact humain, sans intermédiaire. Oui, généralement les jeunes ne lâchent plus le smartphone, crashent sur Tiktok, Facebook, Whatsapp, clashent aussi, se lâchent, crachent leurs mondes. Ils se revoient virtuellement, et peuvent interagir, se rapprocher, se voir de près, se comprendre. Cependant, ils ne sauront véritablement partager des expériences sensibles profondément humaines, comme faire l’amour ou rire ensemble au soleil couchant. Tout ce qui va au-delà de l’interactivité technique.






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