7 avril 2025. Nous sommes devant des évidences et des options limitées pour inverser le rapport de force face aux bandes armées. Pour Haïti, hélas, le CPT brasse de l’air, s’amuse, se délecte des douceurs du pouvoir. Les villes, quant à elles, continuent de tomber. Les forces de sécurité sont sur les dents. La population crève, arpente les soubassements de l’enfer, les pieds nus, le regard emplit d’un mélange de peine, d’incrédulité, d’impuissance et de colère face à l’échelle des dévastations, face à la barbarie exaltée, mise en scène après la chute de chaque ville, face à l’attitude décalée de notre cher et indigne CPT. Des partenaires de la communauté internationale, abonnés souvent aux mauvaises solutions dans des efforts de bon cœur pour aider Haïti, ont assez de problèmes dans leurs plats. Ils observent, appréhendent les conséquences politiques et économiques de la destruction à la tronçonneuse de la globalisation, de l’ordre économique mondial, du libre-échange promus jusqu’à Donald Trump pas les États-Unis d’Amérique. L’isolationnisme de Trump est assumé et connu. Par rapport à Haïti, l’administration Trump, semble-t-il, n’est même pas dans un schéma classique d’isolement.

Le sentiment qui s’installe, de plus en plus, est celui de l’insignifiance d’Haïti. Le temps du ballet de sous-secrétaires d’Etat américains, d’une visite à Port-au-Prince d’un Antony Blinken, est une page tournée. Personne ne peut dire avec certitude, ah! le grand mot, quels sont les éléments de la feuille de route de l’ambassadeur Dennis Hankins en Haïti par rapport à la MMAS, par rapport à ce processus politique né de l’accord du 3 avril, aussitôt signé, aussitôt violé et mis de côté. L’ambassadeur Hankins qui avait pronostiqué, l’an passé, en fêtant l’indépendance des USA à l’ambassade, une amélioration de la sécurité lors de la célébration de fête de l’indépendance des USA le 4 juillet 2024, se rappellera d’Haïti et de la sagesse de ce fameux proverbe: « Ayiti se tè glise ». Entre-temps, le navire Haïti est comme le radeau de la Méduse. Nous dérivons en mer. Avec peu d’espoir pour le moment mais beaucoup de certitudes. Que le pire est à venir parce que les problèmes sont ignorés, que l’on fait semblant, qu’il y a, encore aujourd’hui, cette détestable lutte pour le pouvoir, ces insurmontables contradictions alors que le pays continue de sombrer. Sans langue de bois, il faut interpeller. Parce que les options sont limitées.