Ce 7 avril 2025, le Conseil présidentiel de transition (CPT) a commémoré, à la cloche de bois, le 222e anniversaire de la mort de Toussaint Louverture. 

La commémoration n’a pas valu le risque d’aller au Champ de Mars où trône la statue en bronze de Toussaint Louverture, ni au Musée du panthéon national haïtien (MUPANAH) dont c’était, aujourd’hui le 42e anniversaire. 

Le Champ de Mars est, de toute évidence, trop exposé à la furie des gangs pour les autorités les mieux protégées de la République. C’est le buste de Toussaint qui est venu à eux. Rien que ça ! L’image de nos chefs à côté du buste du Premier des Noirs avait quelque chose de profondément désespérant.

Alors que le pays s’enfonce dans le cycle sans fin de la violence, il n’y avait pas meilleure façon de passer à côté de l’héritage du premier Gouverneur général noir de l’Île, Héros universel de son état. 

Toussaint le chef de guerre, Toussaint le diplomate, Toussaint le stratège, n’a rien à voir avec les hommes qui dirigent aujourd’hui le pays. Et il paraît certain qu’ils n’ont rien appris de Louverture. 

Alors que la fin de semaine écoulée a été marquée par les attaques continues des groupes armés contre les civils, que les images de la destruction de l’hôtel Le Montcel ont fait le tour des réseaux sociaux et que les nouvelles mesures décidées par le président dominicain Luis Abinader vont compliquer la vie de centaines de milliers de nos compatriotes, les heureux héritiers du pouvoir n’ont pas trouvé un mot pour adresser les actuels problèmes de leurs sujets. 

Ces derniers jours, l'État haïtien a perdu le contrôle de Mirebalais et de Saut-d’Eau, n'a pas pu éviter de nouvelles destructions à Kenscoff et a provoqué un durcissement de la politique migratoire contre les Haïtiens en République dominicaine après une interview du président du CPT. Une succession de catastrophes. 

Comme si tout cela ne suffisait pas, le gouvernement, pour son premier Conseil des ministres, depuis des semaines, a décrété l’état d’urgence. 

Cette mesure, qui avait déjà été utilisée par le gouvernement du Premier ministre Ariel Henry, à partir de février 2024, n’avait rien changé à la situation sécuritaire ; mais elle est présentée aujourd’hui comme une nouveauté par des chefs qui échouent sur tous les tableaux à protéger et à rassurer la population haïtienne.