La crise haïtienne est arrivée à un niveau tellement grave que plus rien n'étonne. Le rapport du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme sur les attaques des gangs à Kenscoff est passé presque inaperçu chez nous comme sur le plan international. Le rapport a fait état en deux mois d'au moins 262 morts et 66 blessés, d'environ 200 habitations détruites ou incendiées et plus de 3 000 déplacés internes.

Au cours de cette même semaine, l'organisation Médecins sans Frontières, qui aide à maintenir en vie le système sanitaire haïtien, a annoncé la fermeture de deux de ses hôpitaux, à Turgeau et à Carrefour, à cause de la détérioration du climat sécuritaire. L'information a été reprise par les médias, puis la vie continue. On n'ignore si des démarches se font en privé pour éviter la fermeture prolongée de ces deux hôpitaux.