Ils sont des milliers, aux livres mal lus, cahiers élimés, capotes dans la p’tite poche de d’vant du sac. Des liseurs d’extraits, non bien retenus. Des répétiteurs de citations aux noms d’auteurs confondus à rendre fou. Des par-cœur-man ou woman, qui n’ont malheureusement pas eu la chance de croiser un tchala dont les leçons préviendraient les mouvements de populations, internes ou externes. Ce sont des milliers d’étudiants déplacés qui logent dans les camps, les facs, les écoles, ou qui repartent au pays en dehors. Seuls dans leur choix, seuls dans leur chute. Et bien d’autres milliers que la rage dite Biden qui infectait le collectif renverra ici, dans l’pays de merde que nous appelait Trump.
La situation se complique pour les étudiants déplacés. Ils ont postulé partout, pour des emplois, des bourses, des financements universitaires... mais se retrouvent perdus, désorientés. On ne leur tend plus la main. On ne les aide plus à croire. On ne croit pas qu’ils ont eu leur boussole à eux un jour. L’espoir d’un bureau derrière une baie vitrée, de parcourir les couloirs d’une vraie université, de venger la race. De pouvoir eux aussi nourrir leurs caprices de petits princes autodominés, leurs folies. Et pour ceux qui ont eu la chance de croiser un prof, un livre pour leur ouvrir le cœur sur le monde, ils n’auront peut-être point le loisir de voir une Haïti où l’État cesserait d’être à l’antipode du nous tous.






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