« La musique, c’est ma vie », sont parmi les premiers lancés par Wesner Saint Louis pour introduire son long parcours dans les sentiers de la musique haïtienne. Le natif de Jérémie n’est pas de ceux que l’on repère tout de suite lors des spectacles, il est percussionniste. Ces derniers sont généralement placés en arrière-plan lors des concerts. Ce qui n’enlève rien à l’importance de son rôle. Le musicien fait partie des autodidactes à découvrir leur passion dès l’enfance. Il a neuf ans lorsque les premiers émois du tambour se manifestent chez lui. Quatorze, lorsqu’il persuade les musiciens de son église de lui laisser placer des notes sur un tambour. Élevé à la rue Nord Alexis à Jérémie par des parents protecteurs mais également progressistes, T-Wes n’avait aucune idée qu’il allait bâtir une carrière musicale avec son tambour.

L’actuel percussionniste de la formation musicale Harmonik est une véritable archive ambulante. Il a connu et fait ses premières armes au studio Thoray à Port-au-Prince, admiré les musiciens de DP Express, a performé avec la formation musicale Galaxy Band de Jérémie, contribué à la flamme de Mizik-Mizik, intégré la formation musicale Fasad et contribué à des dizaines de meringue carnavalesque dans les 90-2000. « Zoukoutap » de Mizik-Mizik reste sa meringue de prédilection, sa popularité a vertigineusement grimpé à la suite du succès de cette meringue. Il voue une reconnaissance aveugle à Raymond Desmangles, responsable de Studio Thoray, Pierre Rigaud Chéry qui l’a encouragé à apprendre le solfège et parfaire ses connaissances et habilité en musique. Des autres personnalités ayant marqué T-Wes dans les premiers moments de sa carrière, il cite Pierre Delva qui l’a initié à Galaxie, formation musicale de Jérémie. Ben Constant connu sous le nom de DJ Constant qui lui a permis d‘intégrer la formation musicale Fasad. Ensuite Pierrot Kersaint de DP Express, son modèle : « Les kermesses étaient à la mode au cours de mon adolescence. Je suis tombé en admiration de ce dernier au cours d’une kermesse. Je me suis à ce moment juré d’être aussi bon que le tambourineur de DP Express. Pour moi, il jouait du piano sur le tambour », raconte T-Wes de l’admiration dans la voix.