Le récit se déroule à Port-au-Prince, dans un village rouge. Le narrateur, petit frère de Nix, assassiné par Izo, le plus grand chef de gang de la ville, nous raconte son quotidien, son goût pour l’art, et surtout la mythologie de son frère. Poète à ses heures, c’est un bon curieux. La mort de Nix l’habite. Il fouille dans son carnet, son atelier, sa boîte bleue. Il a toujours un souvenir à livrer. Dans ce bidonville de Port-au-Prince, Nix avait des rêves plein la tête. Il avait un goût raffiné pour l’art. Il aimait Hiroshige et rêvait de rencontrer Matisse. Il aimait aussi le bleu, parce qu’il n’a pas de limite. Le bleu est un mot sans frontière. Il aimait le rouge parce qu’il était un peintre gai, vivant. Le noir, pour la mort.

L’autre visage du récit, c’est Izo : chef de gang, assassin, artiste à sa manière. Il donne des interviews, tue, kidnappe, et déclare au journaliste : « Je fais silence pour qu’on entende ma musique. Ça fait deux mois que je n’ai tué personne. » La mort n’est rien pour lui. Ses propos nous rappellent le cynisme de Joe Goldberg, le tueur de la série You.