Sous des abris de fortune usés par le vent et le temps, des mères bercent doucement leurs nourrissons. En ce dimanche de fête des Mères, elles n’attendaient rien de particulier. Mais ce matin, une délégation du GARR est venue rompre la monotonie de la précarité, apportant un peu de chaleur, de présence et d’écoute à ces mères oubliées. La coordonnatrice du GARR, Katia Bonté, les tresses assorties à sa casquette bleue et à son gilet de travail, le sourire aux lèvres, explique aux mères l’objectif de sa visite. Entre ses mains, des bouquets de fleurs artificielles et une carte qu’elle distribue aux premières arrivées.
Si les mères apprécient le geste, elles souhaiteraient en même temps trouver d’autres choses comme de la nourriture ou de l’argent pour pouvoir subvenir pendant quelques jours à leurs besoins. Elles ont profité de l’occasion pour dénoncer l’insalubrité, la promiscuité qui règnent dans l’espace et les affrontements armés dans les environs. « Nous sommes vraiment heureuses, c’est vrai, parce qu’ils reconnaissent la valeur des mères. Mais nous aimerions aussi qu’on nous sorte des camps, parce que nous n’y sommes pas bien », a fait savoir l’une d’entre elles. « Par exemple, hier soir, nous n’avons presque pas dormi de la nuit tellement les tirs continuaient. Nous n’arrivions même pas à croire que nous allions vivre jusqu’à aujourd’hui »,soupire-t-elle.






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