Dès les premières pages, Ma tête martyre se démarque des recueils de poésie classiques. Ici, il n’est pas question de célébration romantique ni de beauté idéalisée. Joseph propose une poésie de l’urgence, une écriture brute et lucide, née de la violence du quotidien et de la misère généralisée. Elle choisit d’exposer sans filtre la brutalité, l’angoisse, le désespoir, dans un pays livré à lui-même.

« Ici nos rues sont perdues, la police est paralysée par l’insécurité », écrit-elle. Ce vers donne le ton. L’autrice ne cherche ni à enjoliver ni à édulcorer. Elle témoigne. À travers ses poèmes, elle restitue le désordre qui règne, l’absurdité du réel devenu la norme. « Les ambulances et les camions de pompiers ne sont que des escortes nuptiales », ajoute-t-elle. Ce vers glaçant illustre la transformation symbolique de véhicules censés sauver des vies, désormais habitués à traverser les scènes de violence en toute impuissance.