François Mitterrand a écrit que la postérité le plus souvent dédaigne les hommes de transition. J’ajouterais surtout quand ils transitent vers nulle part. Le Conseil présidentiel de transition n’a pas assez de sève vitale pour démentir cette judicieuse observation de l’ancien Président français. Tout se passe comme si le CPT avait un long mandat pour remplir les obligations de l’Accord du 3 avril 2024. Tout se fait, quand il se fait, à un rythme qui n’est pas celui auquel les astreint ledit accord. Ainsi, l’article 31 stipule: les assises de la Conférence nationale seront initiées durant la période de transition, après l’installation du Comité de pilotage pour la révision de la Constitution et s’étendront sur une période de neuf mois. Quant à l’article 32, il est encore plus explicite: la question constitutionnelle sera traitée de manière prioritaire par la Conférence nationale et l’ensemble des propositions pour la révision de la Constitution devra être finalisé dans les trois mois après l’installation du Comité de pilotage.
Le Comité de pilotage ayant été installé le 23 août 2024, il avait jusqu’au 23 novembre 2024 pour soumettre son avant-projet. Il a remis ses propositions au CPT seulement le 21 mai 2025, soit six mois après la date limite et après que l’ambassadeur Hankins a fait le décompte du nombre de jours de pouvoir restant à ce dernier. Bien que les nombreuses critiques et interprétations légales et doctrinales produites par d’éminents hommes de loi m’aient enrichi, en raison du non-respect des délais prévus, le texte élaboré par le Comité de pilotage aurait dû faire l’objet d’une fin de non-recevoir. Il y a là une forme de mépris pour l’opinion publique déjà patente avec la non création de l’Organe de contrôle de l’action gouvernementale.






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