Marnatha Irène Ternier mêle les formes dans son œuvre La transe des masques, combinant poésie et nouvelles pour livrer un chef-d’œuvre sur la manière dont les individus utilisent les masques pour dissimuler leurs parts d’ombre. Ce mélange met en évidence à la fois l’esthétique et la maîtrise de l’écriture de l’auteure. Elle se sert de la poésie pour susciter davantage d’émotions et établir une proximité avec son lectorat. Les nouvelles, quant à elles, lui permettent d’illustrer la problématique du masque à travers différentes histoires et personnages.

Dans la nouvelle intitulée « Le bâtard », à l’intérieure de La transe des masques, elle met en scène un personnage qui porte le masque d’un homme modèle, mais qui, en l’absence de sa femme, entretient une relation avec sa secrétaire. Elle le décrit ainsi : « Ce gynécologue, vice-recteur aux affaires académiques d’une université catholique, est un homme modèle qui n’élève jamais la voix, craignant de voir un esprit satanique se présenter sous son toit. Lui qui condamnait tant les relations extraconjugales, au point de couper certains liens avec des hommes déclarés infidèles de son entourage. Il anime d’ailleurs, dans la paroisse du quartier, un séminaire sur la “fidélité dans le mariage” à l’intention des futurs époux. » (p. 59).  À travers ce passage, l’auteure montre combien nous pouvons être dupés par l’image que les autres projettent.