Depuis une dizaine de jours et la publication par Le Nouvelliste d’une interview du président en exercice du Conseil Présidentiel de Transition, Fritz Alphonse Jean, et d’une autre du conseiller Smith Augustin, il n’y avait plus de doute. Rien ne va plus au sein de l’attelage qui a charge de conduire les destinées de la nation. 

Dénonciations, accusations, précisions et témoignages des uns et des autres avaient confirmé la neutralisation des mécanismes de fonctionnement du CPT. 

Ce 16 juin 2025, c’est un membre ayant le statut d’observateur au sein du Conseil, Frinel Joseph, qui a pris sa plume pour confirmer ce que l’on savait déjà (les blocages et l’impossibilité de tenir les conseils des ministres) mais aussi le refus des plus hautes autorités du pays de se doter d’un code d’éthique quand trois d’entre eux ont été accusés de corruption et l’opposition du collège à faire la lumière sur les salaires, émoluments, frais, faux frais et autres privilèges sonnants et trébuchants qu’il perçoit. 

Frinel Joseph confirme que la transparence et la lutte contre la corruption ne font pas partie de l’ADN de ses pairs. L’accusation, si ç’en est une, est grave. Le portrait, c’est au minimum cela, est terrible. 

La lettre (à lire dans l'édition du jour) de l’observateur Frinel Joseph, lui qui n’a pas droit de vote au sein du CPT, tient lieu d’autopsie d’un organe et de pas de n’importe lequel, celui qui détient tous les pouvoirs en Haïti, qui ne rend compte à personne et n’a en face de lui aucun contre-pouvoir. 

Cet organe autopsié - Le CPT - est aussi l’instance chargée de déterminer et de trouver les voies et moyens pour paver le chemin de l’avenir des Haïtiennes et Haïtiens. 

Qu’en sera-t-il si tout y va si mal ?

Qu’en est-il quand les rumeurs, comme les interviews, comme la lettre du jour, confirment les pires craintes de ceux qui s’inquiètent des chances du CPT de mener la transition à bon port ?

En fait, la question du jour est : un organisme peut-il subir une autopsie et être toujours en vie ?