Toute poésie est une parole sur la vie. Une méditation sur l’existence. Qui sommes-nous ? Nous sommes ce que nous sommes, ce que les hommes ont fait de nous, ce que la vie a sculpté en nous. Une vie souvent injuste et improbable. Les crises dans le monde, la guerre, la violence, les inégalités sociales. La haine. Tout cela mérite une voix pour les porter. Souvent, les poètes naissent pour cela, pour porter la voix du monde. Dénoncer, se révolter, briser les silences complices.
On peut définir « Dantò Pleura » (éditions Unicité, 2025) de Rolaphton Mercure comme une ombre cachée que le poète veut éclairer. Avouer. Voilà l’importance de ce livre qui est un cri, une radiographie de ce que les hommes ont fait d’Haïti, ce pays où « la cruauté est devenue gratuite ». Si on résumait Dantò Pleura à un ouvrage engagé, ou à un simple cri contre l’injustice et la haine, on ferait grand tort à la poésie. C’est un livre visible et invisible. Entre deux rives, le poète dit le chaos, la souffrance, le corps, le monde, son pays et l’amour. Le grand amour. L’amour qui tourmente, qui brise, qui répare. L’amour qui réinvente nos vies.






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