Comment est-ce arrivé, ce gâchis ? Comment est-ce possible ? Comment tombe-t-on tout droit, dans une catastrophe sans fin, et presque sans coup férir, au cœur de l’horrifique Haïti chérie ?

Il n’en demeure pas moins que l’extraordinaire prolifération des gangs armés est le symptôme d’une crise profonde de société. Faute de pouvoir avancer, on ressasse et on remâche l’acquis ou les mauvaises habitudes. Ceux qui se sont rendu compte de cette impasse (certainement par les commanditaires et profiteurs de ce chaos), de cette incapacité absolue de changer, de progresser, se sont tournés vers une prise de conscience de la nécessité d’un recours à l’État (régalien) de droit à partir de l’expérience du passé, ou vers les deux en même temps. Le succès n’est pas notre fort. Mais, bien sûr, depuis que la Police nationale d’Haïti (PNH), a pris la relève en 1995, on ne rencontre que des critiques qui l’avaient prédit, ce désastre sécuritaire. Les miracles dont nous ne sommes pas les organisations nous laissent jaloux ou aigris sans des plans stratégiques réalistes.