Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a commencé sa mission à Washington, lundi 14 juillet 2025. 

Cette visite est sa première sortie du pays depuis qu’il est en poste. Les premiers communiqués nous laissent comprendre qu’il réalise une tournée avec des rendez-vous planifiés à l’avance, à la différence d’autres dignitaires haïtiens ces derniers temps. 

Avant lui, le Premier ministre Garry Conille avait fait le même périple dans la capitale américaine. 

Le prédécesseur de Fils-Aimé en était revenu dépité. Avant la fin de sa courte aventure à la primature, Conille avait bien compris que les promesses faites à Haïti, relatives à l’amélioration de sa situation sécuritaire, n’étaient pas honorées par les Américains. De plus, il s’était rendu compte que la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité n’avait pas les équipements et les financements nécessaires pour aider à un changement réel sur le terrain de la lutte contre les groupes criminels. 

De Conille à Fils-Aimé, rien n’a changé pour la MMAS. Bien au contraire. Les Kényans n’ont jamais été aussi absents que ces derniers mois. Ils refusent de se mettre en danger, comme ce fut le cas dans l’Artibonite, avec des équipements non adaptés aux combats sur le terrain haïtien et sans appui renforcé. 

Alix Didier Fils-Aimé va-t-il dire aux Américains, avec les mots qu’il faut, les vrais besoins de la MMAS et plaider pour un renforcement efficace ?

Le Premier ministre va-t-il aussi défendre la cause de la PNH et des FADH, lui qui a mis sur pied une cellule d’intervention, la task force ?

Tout aussi important que la sécurité, le chef du gouvernement haïtien va-t-il aborder avec les officiels des USA la question des centaines de milliers de nos compatriotes visés par la fin des programmes Biden et TPS ?

Fils-Aimé aura-t-il le courage de demander un sursis ? De tenter de négocier un moratoire ? Ou, au contraire, va-t-il clamer que le pays est prêt à accueillir tous ses enfants ?

On le saura très vite. 

De ce qu’on a vu dans les communiqués diffusés après la première journée à Washington, le chef du gouvernement y va mollo, il ne cherche pas les os dans le calalou. Les conversations abordent des sujets convenus.

Petite surprise, grâce à un post sur X de la Primature, on apprend que le Premier ministre a présenté au Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA) « le plan gouvernemental pour restaurer la sécurité et tenir les élections démocratiques ». 

Un tel plan existe donc. Les Américains et l’OEA en ont eu la primeur. Est-ce un plan solide ou sommes-nous revenus aux temps anciens du président Jovenel Moïse qui promettait ces mêmes réalisations?

En parlant de temps anciens, « une réunion du Groupe des Amis d’Haïti est prévue le 29 juillet ». La renaissance du Core Group dit beaucoup du retour en arrière ambiant, mais très peu sur les vrais problèmes d’Haïti et des Haïtiens. 

Le PM est bien à Washington, mais on ignore encore s’il est parti avec une valise remplie de promesses qu’il va essayer de tenir ou s’il a dans son sac de voyage les problèmes qui étouffent les Haïtiens au quotidien et pour lesquels le pays a désespérément besoin d’aides.