Souvent, comme journaliste littéraire, les jeunes auteurs me posent cette question : « Où puis-je publier mon livre ? » La question paraît simple, pourtant… J'ai entendu beaucoup de témoignages assez touchants.

Je me souviens de ce jeune auteur haïtien qui a publié son premier livre à compte d’auteur dans une maison à Port-au-Prince. Il a payé environ mille dollars américains. À la veille de la séance de signature, l’éditeur n’a pas apporté un seul exemplaire. Il ne voulait même pas envoyer la version numérique. Le jeune homme a dû imprimer lui-même ses livres dans une petite imprimerie. Après deux ou trois pages feuilletées, plus rien. Le livre se décolle morceau par morceau, fragile comme un petit bateau en papier. Une auteure m’a confié qu’on lui avait promis tout. Mais elle a finalement appris que seuls 100 exemplaires avaient été imprimés, sans qu’elle ait la moindre information. Elle n’a jamais touché un centime. Ces situations ne sont pas rares. Selon ce que j’ai observé, les jeunes auteurs sont plus souvent victimes que ceux qui ont déjà une certaine trajectoire dans le milieu du livre.