L’origine, l’histoire et l’avenir du konpa ont été au cœur de ce colloque international réalisé par l’Alliance des étudiants diplômés et des jeunes professionnels. Des personnalités telles que le musicien Fabrice Rouzier, le docteur Claude Dauphin et l’animateur Pipo Saint-Louis ont retracé l’origine du compas, dont les débuts sont marqués par les morceaux du groupe compas direct et de Cadence Rampa, menés respectivement par Nemours Jean-Baptiste et Wébert Sicot, les deux pionniers du konpa. Ce tout nouveau genre musical apparu en 1955, si l’on en croit les intervenants, est dérivé de la modernisation du merengue des années 50. Il s’est également inspiré des rythmes latins, notamment cubains, avant de se développer dans le sillage de la dictature des Duvalier.

De leur côté, le musicien Joël Widmaier, le psychologue Patrick Vaillant et le professeur de musicologie Melvin L. Butler ont fait un état des lieux du compas. Et si l’on en croit leurs dires, le konpa va bien. Le rythme s’est bien installé dans certaines Antilles françaises et dans quelques grandes villes du monde. En 70 ans, il a évolué et la structure a changé ; et du point de vue de Joël Widmaier, c’est plutôt une bonne chose. L’artiste appelle toutefois ses pairs à produire une musique « plus exportable ». Et par cela, il entend, entre autres choses, des chansons courtes, où tout peut se résumer en trois minutes, contrairement aux cinq à six minutes habituelles.